Spectacle. Avec « Juliette, Victor Hugo mon fol amour », l’auteur Patrick Tudoret donne la parole à Juliette Drouet qui fut la muse, l’amante et la compagne d’exil du grand écrivain durant plus de cinquante ans. Avec la lumineuse Marie Lussignol (en alternance avec Marguerite Klœckner). Au Théâtre des Mathurins jusqu’au 25 mai 2026.
« Juliette, Victor Hugo mon fol amour » : le spectacle donne la parole à Juliette Drouet, l’amante, la muse, la compagne d’exil à Jersey puis à Guernesey… du grand écrivain français.
donne enfin la parole à Juliette Drouet, l’amante, la muse, la compagne d’exil à Jersey puis à Guernesey… du grand écrivain français.
Le décor est austère (un lit, un bureau et une chaise) et le papier peint quelque peu défraîchi. Nous sommes dans la chambre d’un hôtel à Bruxelles. Outre le beau texte de Patrick Tudoret, d’après son roman « Juliette » (Editions Tallandier), ce seule en scène répare une grande injustice puisqu’il met en lumière et donne enfin la parole à Juliette Drouet, l’amante, la muse, la compagne d’exil à Jersey puis à Guernesey… du grand écrivain français.
Et surtout, il y a la lumineuse Marie Lussignol (en alternance avec Marguerite Klœckner), tour à tour émouvante, espiègle, blessée, joyeusement impertinente… qui nous entraîne dans le récit d’une passion amoureuse qui durera plus de cinquante ans !
Le tout accompagné d’une bande-son avec des extraits d’œuvres de Schumann, Schubert, Pergolèse ou Chopin. Et du joli timbre mezzo-soprano de la comédienne.
Au fil des confessions de cette femme de l’ombre, alors âgée de 67 ans, ce sont aussi de grandes pages de la littérature et de l’histoire qu’elle feuillette devant nous.
Elle évoque ainsi « Les Misérables » dont elle fut la studieuse copiste, les dîners mondains, cette fameuse Madame Georges qu’elle rebaptise « Madame gorge » tant la dame jouait de ses charmes, les répétitions de la pièce « Lucrèce Borgia« , la disparition tragique de Léopoldine, les menaces de mort à l’encontre de Victor Hugo, l’abandon de sa carrière de comédienne pour le suivre en exil, la chute du règne impérial de Napoléon III et le retour à Paris au lendemain du désastre de Sedan…
Sans oublier cette scène désopilante où elle mime Hugo s’adonnant à des séances « d’hydrothérapie ». On ne peut s’empêcher d’être attendri, lorsque s’adressant au petit portrait posé sur un bureau, elle interpelle son infidèle amant en l’appelant « Toto ».
En sortant de la salle, on a le sentiment d’avoir partagé un moment de grâce.
Annie Grandjanin
- « Juliette, Victor Hugo mon fol amour » : Jusqu’au 25 mai 2026, les lundis à 19h, au Théâtre des Mathurins (Studio), 36, rue des Mathurins, 75008 Paris. Réservations au 01.42.65.90.00 et ICI

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