Sortie cinéma. Les enfants, et les préados, et les ados ne sont pas toujours gentils, sympas, cools. Quand ils sont en groupe, c’est plutôt le contraire: la cruauté et la méchanceté l’emportent souvent. C’est ce que montre THE PLAGUE, le premier film du jeune réalisateur américain Charlie Polinger (ce mercredi 3 juin sur les écrans).
The Plague : Le thème de la cruauté des ados n’est pas nouveau, on a l’impression d’avoir déjà vu cela des dizaines de fois au cinéma. Mais ici l’atmosphère est remarquablement noire, inquiétante, faisant du film un thriller psychologique bien construit
On est à l’été 2003 et le jeune Ben (Everett Blunck), 12 ans, rejoint pour les vacances un camp de water-polo, intégrant un groupe de garçons de son âge. Le petit chef du clan, Jake (Kayo Martin), y fait régner son autorité.
La peste
Ben fait la connaissance d’Eli (Kenny Rasmussen), mis à l’écart du groupe car il souffre d’un eczéma sévère, qui le fait surnommer « the plague » (la peste) par ses petits camarades. Jake a instauré dans le groupe une obligation: chaque fois qu’un garçon touche Eli, il faut se savonner sous peine d’attraper la peste…
Ben est partagé entre soutenir et défendre Eli et intégrer le groupe des garçons qui l’excluent. Jusqu’au risque de devenir lui-même, malgré la bienveillance et l’attention de l’entraîneur (Joel Edgerton), la cible des attaques, méchancetés et cruautés du groupe sous la houlette de Jake…
Grand Prix à Deauville
Présenté en 2025 au Festival de Cannes dans la section parallèle officielle Un Certain Regard, puis au Festival du film américain de Deauville où il a été récompensé du Grand Prix et du Prix de la critique, THE PLAGUE a été encensé par la critique.
De CARRIE à LOLITA MALGRÉ MOI, les films sur la cruauté adolescente chez les filles ne manquent pas. Chez les garçons, c’est plus facile à illustrer (et à dénoncer), sous la critique d’une masculinité naissante. Ces préados, « à la lisière de l’enfance et de l’adolescence, créent une dissonance troublante entre innocence et potentiel de cruauté », explique le réalisateur, 35 ans, dont c’est le premier long-métrage.
Expériences vécues
C’est en partie autobiographique, il dit avoir tiré son scénario d’expériences vécues dans sa propre adolescence: « Ce n’était pas qu’un jeu d’enfants: c’était un rite de passage à la virilité qui nous enseignait que le pouvoir naissait de l’exclusion et de la cruauté ». Et d’ajouter: « En échangeant avec mes amis masculins sur leurs souvenirs de cette période, j’ai été frappé par la similitude de nos expériences ».
Le thème de la cruauté des ados n’est pas nouveau, on a l’impression d’avoir déjà vu cela des dizaines de fois au cinéma. Mais ici l’atmosphère est remarquablement noire, inquiétante, faisant du film un thriller psychologique bien construit (à un moment, Ben se découvre des rougeurs suspectes), parfois à la limite du fantastique.
Bien sûr la force du film repose en grande partie sur la performance de ses interprètes, pour la plupart novices, mais aussi sur l’expérience du jeune réalisateur –qui se souvient d’avoir été un ado avant de devenir un adulte. Un long chemin pas toujours parsemé de pétales de roses.
Jean-Michel Comte
LA PHRASE : « Tu sais que c’est une invention, cette peste? » (Ben, à l’un de ses camarades, à mi-film).
- The Plague (États-Unis, 1h33). Réalisation: Charlie Polinger. Avec Joel Edgerton, Everett Blunck, Kenny Rasmussen (Sortie 3 juin 2026)

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