Le Festival d’Avignon fête ses 80 ans sans rien céder à l’exigence

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Le Festival d’Avignon fête ses 80 ans sans rien céder à l’exigence (c) Christophe Raynaud de Lage. Cour d'honneur du Palais des Papes.

Le Festival d’Avignon 2026. Du 4 au 26 juillet cette 80ème édition du Festival d’Avignon propose 47 spectacles dont la majorité est mise en scène par des femmes. Le coréen est cette année la langue invitée qui sera représentée notamment par des oeuvres de la romancière Han Kang, prix Nobel de littérature 2024.

Tiago Rodrigues, le directeur du festival, confirme dans cette programmation son choix de privilégier la diversité des spectacles par leur durée ou leut complexité de façon à toucher un public averti comme les nouveaux venus. Nous nous sommes efforcés de retenir ici les spectacles les plus attendus par les critiques et ceux qui nous paraissent, très subjectivement, particulièrement intéressants. Comme chaque année ces spectacles sont accompagnés par un foisement de rendez-vous, de débats et de films qui font du mois de juillet à Avignon un exceptionnel moment de culture et de rencontres.

Le Festival d’Avignon 2026 : cette 80ème édition du Festival d’Avignon propose 47 spectacles dont la majorité est mise en scène par des femmes.

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Le Festival d’Avignon : « Maldoror » de Julien Gosselin, sera le spectacle d’ouverture © Simon Gosselin

La Cour d’Honneur du Palais des Papes

La Corée, langue invitée, aura l’honneur de cette espace prestigieux. Julie Deliquet va y créer, avec les actrices Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee, une lecture-performance du premier chapitre d’Oiseau d’Impossibles adieux, roman dans lequel l’autrice et prix Nobel de littérature Han Kang évoque le tragique soulèvement de Jeju qui a marqué douloureusement l’histoire de la République de Corée à la fin des années 40.

Maldoror est le spectacle d’ouverture du Festival, une création de Julien Gosselin qui fait dialoguer le XIXème siècle de Lautréamont avec l’écrivain chilien contemporain Roberto Bolaño. Dans un spectacle à la croisée du théâtre, du cinéma et de la performance, le metteur en scène situe son spectacle dans l’Amérique latine des années 1970 et il s’interroge sur ce qu’il appel le « secret du mal ». Le spectacle sera retrnansmis sur ARTE le 18 juillet à 22h40 puis sur arte.tv.

La Cour d’Honneur s’ouvre également cette année à deux spectacles de grande qualité et plus faciles d’accès. Après la cap-verdienne Mayra Andrade en 2025, c’est le chant de l’auteur-compositeur-interprète anglais Benjamin Clementine qu’on pourra entendre cette année à Avignon.

« Le Pas du Monde », Collectif XY ⓒ Mélissa Waucquier

Et c’est une grande première : le cirque entre dans la Cour d’Honneur, un choix important de Tiago Rodrigues qui va donner une place majeure à un spectacle populaire qui est aussi en parfaite adéquaition avec l’exigence artistique dont font preuve les circassiens du collectif XY dans Le Pas du Monde, un spectacle qui fait étape à Avignon dans le cadre d’une tournée triomphale.



Dans Avignon et aux alentours

Marion Siéfert présente Bunker, un « huis-clos d’anticipation paranoïaque » qui évoque le réchauffement climatique en même temps que les relations d’un père (PDG d’un groupe pétrochimique) avec sa fille. 

Guy Cassiers et l’actrice Valérie Dréville adaptent Thésée, sa vie nouvelle de l’écrivain Camille de Toledo qui se saisit des drames d’une histoire familale en même temps que ceux de la grande histoire.

Les brésiliens Christiane Jatahy et Wagner Moura (Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes 2025) proposent une suite à Un ennemi du peuple, une pièce écrite par Henrik Ibsen il y a près de 150 ans, en la confrontant aux problèmes de la société d’aujourd’hui comme les fake news, l’écologie ou les rapports entre science et politique.

Entre théâtre et performance, la metteuse en scène, interprète, auteure et productrice espagnole Andrea Jiménez présentera Casting Lear. Elle propose chaque soir à deux hommes de théâtre, alternativement Éric Ruf et Denis Podalydès, de participer à une sorte d’audition à la recherche d’un acteur appelé à  incarner le Roi Lear de Shakespeare. De son côté Thibault Perrenoud met en scène un Hamlet itinérant se limitant à trois personnages.

La carrière de Boulbon

« Silence » – Mathilde Monier, Lucie Antunes. Photo Marc Coudrais

Deux spectacles sont programmés dans l’imposant site de la carrière de Boulbon. La chorégraphe Mathilde Monier s’est associée à la musicienne Lucie Antunes pour créer Silence, un concert chorégraphié  de sept danseurs et danseuses et de quatre musiciennes et musiciens, une hybridation qui a enthousiasmé le public de Bonlieu à Annecy où ce spectacle a été créé.

Dans 1, 2, 3 Poquelin, le collectif  de comédiens belges STAN (Stop Thinking About Names)  revisite pour la troisème fois le théâtre de Molière. C’est, dit-on, extravagant et déjanté et pendant plus de quatre heures huit interprètes vont jouer une quarantaine de personnages issus des grandes pièces et des moins connues de Jean-Baptiste Poquelin.

En conclusion

Tiago Rodrigues aime le débat. Pour conclure ce 80ème festival, il organise avec la journaliste Aurélie Charon et l’historien et Patrick Boucheron un rendez-vous tout à fait exceptionnel, L’aube des questions.

Le dimanche 26 juillet, à 5h du matin dans la Cour d’honneur, ils donneront rendez-vous à des dizaines d’artistes, scientifiques, activistes, philosophes et personnalités de la société civile accompagnés par l’Orchestre national Avignon-Provence. Ils vont partager 80 questions avec le public dans un moment qui « mêle pensée, musique, danse, poésie et théâtre »

Yves Le Pape

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Yves Le Pape