Sortie cinéma. L’histoire de l’immigration japonaise au Brésil dans les années 1920? Ce n’est peut-être pas le sujet d’intérêt le plus immédiat pour les spectateurs des salles de cinéma françaises. Mais pour ceux dont la curiosité n’a pas de limites, voici un charmant dessin animé brésilien pour mieux connaître la question : MA FAMILLE DE SAMOURAÏS, mercredi 16 septembre sur les écrans.
Ma famille de Samouraïs : visuellement et techniquement on est loin de Disney ou de Pixar, des dessins animés japonais ou français… Mais les images épurées, les décors simplistes, les mouvements un peu saccadés des personnages ont un charme certain.
On est à Sao Paulo, dans les années 1980. Noboru, petit gamin brésilien d’origine japonaise, doit préparer pour l’école un exposé sur ses origines, qu’il a toujours cherché à gommer. Il doit alors se tourner vers son grand-père grincheux, Hideo, pour apprendre à connaître en profondeur sa famille et l’histoire de l’arrivée de ce dernier au Brésil en 1920, en bateau, avec sa femme, quand il était encore un jeune homme.
Histoire de famille
Le petit garçon, entre deux séances de jeux avec ses copains eux aussi enfants d’immigrés (ouvriers portugais ou esclaves noirs), va alors se passionner peu à peu pour l’histoire de sa famille –plus complexe qu’il ne pensait.
Employé dans une plantation de café, exploité et maltraité, luttant contre la pauvreté avant de pouvoir acheter un ranch pour nourrir sa famille, le grand-père Hideo va raconter l’épopée de ses trois enfants: l’aîné Hanashiro, la cadette Sumie (la mère de Noboru), et le petit dernier, Haruo, le rebelle de la famille dont on n’a plus de nouvelles depuis des années…
Rythme lent
Le film avance volontairement à un rythme lent, et ce n’est pas toujours passionnant, jusqu’aux 20 dernières minutes où l’on s’intéresse et l’on s’attache davantage à cette famille, notamment l’enfance de cet oncle inconnu, Haruo, personnage le plus émouvant, devenu journaliste et opposé à sa famille après la fin de la Seconde guerre mondiale et la défaite des Japonais –et l’interdiction de parler japonais en public au Brésil.
Le film, adapté du roman Nihonjin écrit en 2011 par Oscar Nakasato, est réalisé par Célia Catunda, également scénariste et productrice brésilienne, connue pour son travail dans l’animation destinée au jeune public, pour le cinéma et la télévision, et pour ses contenus éducatifs et ludiques pour les enfants.
Images simples
« Je n’ai pas souhaité m’inspirer uniquement du style de l’animation japonaise qui est très identifiée –j’ai voulu trouver un mélange bien à moi entre le style japonais et le style sud-américain, afin de donner au film une identité visuelle originale. L’idée, c’était de mélanger des éléments réalistes et une touche de fantaisie », dit-elle.
De fait, visuellement et techniquement on est loin de Disney ou de Pixar, des dessins animés japonais ou français (récemment le joli LA FILLE DANS LES NUAGES) ou même de l’espagnol TAD L’EXPLORATEUR. Mais les images épurées, les décors simplistes, les mouvements un peu saccadés des personnages ont un charme certain.
Couleurs chaudes
Régulièrement les souvenirs du grand-père envahissent l’écran alors qu’il parle à son petit-fils, c’est poétique avec des taches blanches qui volent dans l’air comme dans STRANGER THINGS. Le film, avec ses images en 2D traditionnelle aux couleurs chaudes, tire son inspiration visuelle de l’œuvre du peintre nippo-brésilien Oscar Oiwa, dont on voit les tableaux au générique de fin.
Les descendants de Japonais représentent aujourd’hui entre 1,5 et 2 millions de personnes au Brésil. Exil, déracinement, difficultés d’intégration, transmission familiale, liens entre les générations, souvenirs et traditions, identité culturelle: le film évoque ces sujets universels, avec bien sûr une fin remplie d’émotion.
Jean-Michel Comte
LA PHRASE : « À l’école tu es brésilien, mais à la maison tu es nihonjin (japonais) » (Sumie adolescente, à son petit frère Haruo).
- Ma famille de samouraïs (« Meu Avô é um Nihonjin ») (Brésil, 1h22). Réalisation: Célia Catunda (Animation). Sortie 16 septembre 2026)

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