« Le Floch en Amérique » : Joffrin signe un grand roman d’aventures

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"Le Floch en Amérique" : Laurent Joffrin signe un grand roman d’aventures (c) Photo de couverture.

Le Book Club de We Culte. Avec Le Floch en Amérique, Laurent Joffrin entraîne son célèbre enquêteur loin des salons de l’Ancien Régime, au cœur des immenses territoires du Nouveau Monde. En 1794, tandis que la Terreur bouleverse la France, Nicolas Le Floch traverse l’Atlantique avec Talleyrand pour explorer des terres convoitées par les spéculateurs européens. Mais un meurtre vient troubler l’expédition. Entre enquête policière, nature grandiose et rencontre avec les peuples amérindiens, l’auteur renoue avec le souffle des grands romans d’aventures. Un roman dense, foisonnant, brillant.

Notre note ★★★ (on a adoré)

Le Floch en Amérique : Laurent Joffrin signe un véritable roman d’aventures, généreux et foisonnant, qui renoue avec le souffle des grands feuilletons du XIXe siècle.

Le Floch en Amérique, de Laurent Joffrin

L’HISTOIRE

Nicolas Le Floch est un héros hors du commun. Ses enquêtes policières, menées sous les règnes de Louis XV puis de Louis XVI, l’ont rendu familier des intrigues et des crimes de la France monarchique. Mais, en 1794, alors que la Terreur fait régner la peur à Paris, il doit quitter la capitale. Réfugié à Londres, il s’embarque bientôt pour l’Amérique en compagnie de Talleyrand, devenu son ami.

Là-bas, d’immenses territoires restent à explorer et à mettre en culture. Mandatés par des financiers hollandais, les deux hommes sont chargés d’en évaluer le potentiel. Mais leur mission prend une tournure inattendue lorsqu’un meurtre est commis à Fort Washington, près de la rivière Ohio. Le cuisinier de Talleyrand a été assassiné d’un coup de couteau, puis scalpé. Les Indiens sont-ils vraiment les coupables désignés ?

Pour mener son enquête, Le Floch prend la route aux côtés de Yuma Long, un guide indien, et s’enfonce dans des contrées inconnues, entre forêts immenses et rivières tumultueuses. L’aventure l’entraîne bien loin de Paris, de ses salons mondains et de ses crimes crapuleux. Au cœur de ces terres sauvages, il découvre un monde dont les habitants, décrits comme des « sauvages » à demi nus, se révèlent aussi hospitaliers et dignes que courageux, mais parfois cruels.



NOTRE AVIS

Le roman de Laurent Joffrin évoque inévitablement Le Dernier des Mohicans, de James Fenimore Cooper. On y retrouve les grandes envolées lyriques célébrant une nature aussi somptueuse que menaçante, ainsi qu’une plongée dans les coutumes, les croyances et les modes de vie des peuples amérindiens, dont l’auteur n’élude ni le courage ni la cruauté.

Dans ce Nouveau Monde, Nicolas Le Floch prend également la mesure d’un bouleversement historique irréversible : la monarchie française appartient désormais au passé. Washington et Lafayette avaient vu juste.

Porté par une écriture simple et concise, le récit se lit presque d’une traite, malgré ses 320 pages. L’enquête captive, l’aventure emporte et l’on se surprend à vouloir retrouver la série télévisée éponyme, diffusée de 2008 à 2016, qui a contribué à populariser le personnage, adapté des romans de Jean-François Parot, historien et diplomate.

Laurent Joffrin signe ainsi un véritable roman d’aventures, généreux et foisonnant, qui renoue avec le souffle des grands feuilletons du XIXe siècle, de ceux d’Alexandre Dumas à Paul Féval et Eugène Sue.

En guise de conclusion, une citation intemporelle de saint Augustin, mise en exergue par l’auteur au chapitre VII, pourrait résumer l’esprit du livre : « Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page. » Un roman dense, foisonnant, brillant.

Jane Hoffmann

  • « Le Floch en Amérique », de Laurent Joffrin, éditions Buchet-Chastel. 320 pages, 21 €.

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Jane Hoffmann