Lee Miller photographe : du glamour à l’Histoire en marche

Lee Miller
Lee Miller au Musée d'Art Moderne de Paris: du glamour à l'histoire en marche. Photo affiche de l'exposition / Modèle avec ampoule, Vogue studio, vers 1943..

Exposition/ Lee Miller. La plus importante rétrospective consacrée à Lee Miller en France depuis vingt ans rassemble 250 tirages, dont plusieurs inédits, et éclaire d’un jour nouveau l’œuvre majeure de la photographe américaine. De New York à Paris, de l’Égypte à Londres en guerre, son parcours épouse les secousses du XXe siècle, qu’elle n’a cessé d’interroger avec audace par la photographie. Une exposition à découvrir au Musée d’Art Moderne de Paris, jusqu’au 2 août 2026.

Lee Miller : la photographe américaine figure parmi les premières à témoigner par l’image de l’extermination de masse perpétrée par les nazis

REGARD SUR UNE ŒUVRE HORS NORME

En collaboration avec la Tate Britain et l’Art Institute of Chicago, cette vaste rétrospective présentée au Musée d’Art Moderne retrace la trajectoire exceptionnelle de Lee Miller. De la mode à la photographie de guerre, des ruines de Londres à la découverte des camps nazis, se dessine l’œuvre d’une femme courageuse qui sut investir un territoire alors presque exclusivement masculin — et y laisser une empreinte indélébile.

Des podiums de Vogue aux ateliers surréalistes

On croit connaître cette femme devenue célèbre pour avoir posé, en 1945, dans la baignoire d’Adolf Hitler. Mais que sait-on vraiment de son parcours ? Née à Poughkeepsie (États-Unis) en 1907, morte en Angleterre en 1977, Lee Miller traverse son siècle avec une liberté peu commune. Elle débute comme mannequin, posant pour le Vogue américain, avant de rejoindre Paris au début des années 1930. Elle y fréquente le cercle des surréalistes, tourne dans Le Sang d’un poète de Jean Cocteau, et rencontre Man Ray, dont elle devient l’élève puis la compagne.

L’Égypte, puis Londres sous les bombes

En 1934, elle épouse un Égyptien et s’installe au Caire. Mais c’est à Londres, où elle revient en 1940, que son regard change de dimension. Elle photographie la ville dévastée par le Blitz et publie un ouvrage bouleversant, Grim Glory: Pictures of Britain under Fire.

Correspondante de guerre, au plus près de l’Histoire

Hiver 1942. Lee Miller obtient l’une des très rares accréditations de correspondante de guerre pour les États-Unis. Elle réalise alors des reportages sur les infirmières, les aviatrices, puis suit les troupes alliées lors de la libération de Saint-Malo en juin 1944. En avril 1945, elle pénètre dans les camps de concentration de Dachau et Buchenwald, tout juste libérés. Elle figure parmi les premières à témoigner par l’image de l’extermination de masse perpétrée par les nazis.



La photographie devenue icône

Le 30 avril 1945, à Munich, elle met en scène une photographie devenue iconique : elle pose dans la baignoire d’Adolf Hitler. Le cliché fera le tour du monde et symbolisera, à lui seul, la chute du régime nazi.

Après la guerre, une autre vie

Dans les années qui suivent, Lee Miller s’installe dans le Sussex, en Angleterre, avec Roland Penrose et leur fils Antony. Peu à peu, elle délaisse la photographie pour se consacrer à la vie artistique et aux rencontres qu’elle organise.

Jane Hoffmann

  • Exposition Lee Miller, jusqu’au 2 août 2026. Musée d’Art Moderne – 11 avenue du Président Wilson, Paris – Jusqu’au 2 août 2026

Image de Jane Hoffmann

Jane Hoffmann