the beggars'opera de robert carsen

Le Théâtre de Caen présente jusqu’au 21 décembre, The Beggar’s Opera (l’Opéra des gueux), brillant conte à la satire moderne écrit en 1728 par John Gay et  Johann Christophe Pepusch, mis en scène par Robert Carsen sur une musique arrangée par William Christie de l’Ensemble des Arts Florissants.

Baroque, pop et joyeux, The Beggars’ opera est un brillant conte à la satire moderne, que souligne la mise en scène de Robert Carsen.

une des scènes de the beggar's operaC’est l’histoire de Macheath (Benjamin Purkiss) chef de bande et séducteur, amoureux de deux femmes. Les pères de chacune d’elles, Polly Peachum (Kate Batter) et Lucy Lockit (Olivia Brereton), ne veulent pas que leur fille l’épouse et vont donc comploter et s’allier un moment afin d’ourdir une machination. L’un est un mafieux «arrivé» Mr Peachum (Robert Burt), l’autre, le chef de la prison, Mr Lockit (Kraig Thornber).

A partir de cette intrigue de tragi-comédie, tout s’articule autour du plateau censé représenter les docks de Londres. Une mise en scène très urbaine qui donne le ton dès l’ouverture de The Beggar’s opera, avec l’arrivée par la salle du Théâtre de Caen, de délinquants et mauvais garçons en capuche et sweat, criant et courant sur la scène où se dresse un mur de cartons, symbolisant les entrepôts des bas quartiers où ils se réfugient.

Faisant face au complot contre sa personne, Macheath tente de se défendre avec l’aide de sa bande. Pourra-t-il s’en sortir vivant ? Pour tous ceux qui ne connaissent pas l’histoire ayant inspiré Bertholt Brecht et Kurt Weill dans l’Opera de Quat’sous, nous garderons le mystère.

La troupe britannique est formidable d’entrain, de mobilité, de beauté. Les seize comédiens chantent, sautent, changent les cartons, transformant en un clin d’œil le décor du plateau. Les complices bondissant de Macheath, les filles de joie qui travaillent pour lui, son superbes et font de la scène un bistrot, une chambre, un trottoir…

L’action est entrecoupée de musique jouée sur des instruments du 18è siècle par dix musiciens des Arts Florissants, présents côté jardin. Cela fonctionne à merveille, la partition baroque arrangée par William Christie, en accentue la modernité. Les costumes sont d’aujourd’hui, les pères des deux filles sniffent de la cocaïne, jouent du pistolet… Le chef de la prison Lockit est ultra corrompu par l’escroc Peachum, la corde de la potence est menaçante.

Le Canadien Robert Carsen, signe la mise en scène très réussie de The Beggar’s opera

La corruption au cœur du livret écrit par John Gay en 1728, semble renvoyer au monde contemporain, grâce à la mise en scène réussie de Robert Carsen : «Tous, politiciens et fonctionnaires, sont, par définition, corrompus observe-t-il, sans qu’on y puisse rien faire, si ce n’est y prendre part, pour tenter de s’en sortir

A la fin de ce brillant conte à la satire moderne, tous sont appelés au gouvernement, se distribuant les rôles de ministres et secrétaires d’Etat. Il est aussi question dans cette nouvelle version adaptée à l’air du temps, de Theresa May, de Brexit, et le spectateur n’est pas étonné de cet écho de l’actualité, riant même de bon cœur.

La morale de cette “comédie musicale”, sans doute une des premières de l’histoire, est que l’on peut trahir en musique et en chansons avec gaieté. John Gay a d’ailleurs écrit : «la vie est une plaisanterie et toutes les choses le montrent ». C’est à la fois baroque et pop. Un spectacle joyeux ovationné par un public debout.

The Beggar’s opera  jusqu’au 21/12, à 20 heures, Théâtre de Caen (Calvados). Durée 1 heure 50, spectacle en anglais, surtitré en français. Toutes les infos: http://theatre.caen.fr/spectacles

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