Daguerre : « je n’ai pas envie de marcher dans les clous »

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Daguerre revient avec "Corps voyou", le dixième album d'un poète de la chanson-rock. Photo pochette de l'album

Toutes les musiques de We Culte/ Daguerre. Trois ans après « Virages », Daguerre retrouve sa complice d’écriture Louise Quillet pour « Corps Voyou ». Le dixième album d’un poète de la chanson-rock, qui poursuit sa route en toute liberté. À découvrir en tournée avec une escale parisienne au Café de la Danse cet automne.

Daguerre : « Je n’ai jamais été obnubilé par la réussite. Mon principe c’est « tu donnes et les gens se servent ». Faire semblant m’est insupportable. »

Dixième album et déjà 20 ans de carrière pour ce chanteur, auteur, compositeur et guitariste qui a débuté sur la scène alternative parisienne avec le groupe « Les Veilleurs de Nuit », avant de retourner dans son Sud-Ouest natal.

Après « Virages« , un album de duos dans lequel il affichait son désir d’être heureux envers et contre tout, Daguerre revient en solo avec « Corps Voyou« . Pas tout-à-fait seul d’ailleurs puisque, outre la belle complicité de Louise Quillet pour les textes, il est accompagné par une impressionnante section de musiciens: Loïc Pontieux (batterie), Nicolas Fizman (basse), Nicolas Auger (piano et claviers), Hervé Pédeflous (guitare, bouzouki, violon), Daoud (trompette) et Sébastien Chouard (guitare slide et électrique).

Onze titres aux sonorités résolument rock, portés par son timbre d’une puissante intensité, pour un voyage hors des sentiers battus « Là où personne ne t’attend« , sur les traces d’un « Dandy Bandit« , dans l’émotion d' »Un autre hiver » ou à la recherche d' »Un peu d’espace ».

Daguerre : « Faire semblant m’est insupportable » (c) Flora Courier

Quels souvenirs gardez-vous de vos débuts ?

Daguerre : Lorsque je suis arrivé à Paris, j’ai vécu dans un squat. Puis il y a eu la belle aventure avec « Les Veilleurs de Nuit », avec qui je suis allé au bout d’un cycle. J’ai été approché par des maisons de disques mais je ne voulais pas faire de compromis. Je n’ai aucun regret. Ce qui m’intéresse, c’est le côté artisanal, les rencontres… Je n’ai jamais été obnubilé par la réussite. J’ai la chance d’avoir des gens qui me suivent depuis des années. Mon principe c’est « tu donnes et les gens se servent ». C’est un truc que je n’ai jamais trahi. Faire semblant m’est insupportable.



Sur la pochette de l’album, vous avez une vraie posture de rockeur ?

Daguerre : En fait, c’est une photo « volée » pour laquelle je n’ai pas posé. Ce jour là, je portais des lunettes de soleil parce que j’avais un souci à l’œil !

Le titre de la chanson « Dandy Bandit » est un peu antinomique, non ?

Daguerre : Le terme de voyou, c’est la manière dont les gens peuvent te marginaliser malgré toi. Pour moi, ce titre signifie : je ne fais de mal à personne mais je n’ai pas envie de marcher dans les clous.

Dans cet album, vous renouez avec la parolière Louise Quillet ?

Daguerre : Elle avait écrit tous les textes de « Virages« . Là, elle a signé un tiers de l’album. À un moment donné, j’avais besoin de me consacrer davantage aux arrangements. Je délègue peu en général mais avec Louise, tout est tellement facile. Cela me soulage aussi car je suis quelqu’un d’assez laborieux dans l’écriture. Je me souviens que j’avais évoqué avec Jean Fauque la manière dont il travaillait avec Bashung pour les textes. C’est une rencontre qui n’a pas duré plus de quelques minutes mais cela m’est resté en mémoire.

Dans« Virages« , vous chantiez votre désir d’être heureux envers et contre tout. Qu’est-ce qui vous a guidé pour « Corps Voyou » ?

Daguerre : Repenser notre perception du vivre ensemble. Est-ce que c’est possible ou pas de co-exister pour que le collectif soit beau ? En toute modestie, chaque chanson questionne sur notre rapport à l’autre. Mais je ne donne jamais de leçon.

Pour « Marge de manœuvre« , vous chantez quelques couplets en langue basque ?

Daguerre : La phrase « Haize Sorgin Polita » peut se traduire par jolie sorcière du vent. Au pays basque, il y avait une société très matriarcale. Cela dérangeait et on traitait ces femmes de sorcières. Moi, les personnes que j’admire le plus sont toujours des femmes.

Vous intervenez encore aux stages organisés par Voix du Sud ?

Daguerre : Cela fait vingt ans que je fais ça. J’aime l’état d’esprit qui règne à Astaffort. Cela permet aussi de rompre la solitude dans le travail de l’écriture. Il y a de véritables échanges. Chaque fois, on à l’impression de gravir une marche de plus.

Entretien réalisé par Annie Grandjanin

  • Album « Corps Voyou » (Boboo Music/Kuroneko), disponible depuis le 20 mars 2026.
  • En concert: le 23 avril 2026 à Mont-de-Marsan, le 25 avril à Bergerac, le 29 avril à Agen, le 10 juillet aux Plages Musicales de Labenne, le 17 juillet aux Vendredis de la Halle (Le Passage d’Agen), le 2 octobre au Bijou à Toulouse, le 3 octobre à Bayonne, le 6 octobre au Café de la Danse à Paris, le 12 novembre à Bergerac, le 13 novembre à Biarritz, le 14 novembre au Théâtre l’Inox de Bordeaux…


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Annie Grandjanin