Toutes les musiques de We Culte/Romain Didier. Cinq ans après « Souviens-moi », Romain Didier vient de sortir « La buée des miroirs ». Un superbe album, empreint d’une tendre nostalgie, enregistré avec un solide quartet de musiciens, dont son « vieux » complice le guitariste Thierry Garcia, Pour l’occasion, il a fait appel à l’auteur Gilles Chovet et à Isabelle Mayereau à laquelle il donne la réplique sur « D’apocalypse en calypso ».
Romain Didier: « J’ai appris le piano tout seul car mes parents n’avaient pas vraiment le temps de s’occuper de mon éducation »
Ses chansons poétiques et teintées de nostalgie, voire de mélancolie, nous accompagnent depuis plus de quarante ans. Un univers évoquant l’enfance, le premier amour, le temps qui passe… et qui porte indiscutablement la signature de Romain Didier. L’artiste aime laisser « mijoter » la vie comme il le confie volontiers. Au point que ses productions discographiques se font bien trop rares. Mais il n’a cessé de multiplier les collaborations pour des opéras, des contes pour enfants, des orchestrations, des arrangements… sans oublier sa longue et fructueuse complicité avec Allain Leprest.
Cinq ans après « Souviens-moi« , il vient de sortir « La buée des miroirs« . Un superbe album dont il a composé toutes les mélodies et écrit la chanson qui donne son titre à l’album, laissant la plume à Gil Chovet, pour les autres textes. On y trouve également un beau duo avec Isabelle Mayereau sur « D’apocalypse à calypso » (dont elle a signé les paroles).
Après avoir retrouvé le chemin de l’écriture pour « Souviens-moi« , vous avez cédé la plume à Gil Chovet pour ce nouvel album ?
Romain Didier : Cela m’est arrivé plusieurs fois. Avec Patrice Mithois à mes débuts puis avec Pascal Mathieu. Je suis quelqu’un de très pudique et j’attends d’un auteur qu’il mette dans ma bouche des mots qui me conviennent et que je n’aurais pas pu dire comme ça.
L’écriture est un exercice plus laborieux pour vous ?
Romain Didier : Lorsque je me remets à écrire, le premier jour je me traite d’âne, le deuxième d’imbécile, puis, petit à petit, le muscle se remet en marche. Les mélodies me viennent plus naturellement.

Vous ne pensez pas que vos multiples collaborations ont parfois parasité votre propre carrière ?
Romain Didier : Sans doute, mais je ne vais pas refaire l’histoire. Je fonce en permanence sur des projets qui me nourrissent. Je fais tout ça pour le plaisir et, au cumul, je suis gagnant. Pour moi, la musique est une façon de vivre. En ce moment, je travaille sur la bande-son d’une BD, j’ai accepté des commandes de conservatoires, j’ai récemment collaboré avec l’artiste suédoise Frederika Stahl… Ces rencontres sont une porte ouverte sur le monde et je ne veux pas m’en priver.
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Quels souvenirs gardez-vous de votre longue collaboration avec Allain Leprest ?
Romain Didier : Avec Allain, nous venions de deux milieux très différents. Nous avons beaucoup appris l’un de l’autre. Il était impeccable dans l’écriture et avait des fulgurances incroyables. Je me souviens que quand il a découvert le monde de la musique dite savante, il a eu envie d’être accompagné par des gens en costumes et noeuds papillon. On est souvent attiré par ce qui ne nous semble pas destiné. Quand nous étions ensemble, on se faisait parfois de jolis feux d’artifices.
En parlant de destin, le vôtre était un peu tracé avec une naissance Villa Médicis, une mère cantatrice à l’Opéra de Paris et un père compositeur ?
Romain Didier : J’ai appris le piano tout seul car mes parents n’avaient pas vraiment le temps de s’occuper de mon éducation. Le fait de naître dans ce bain me semblait normal tout comme d’aller à l’opéra à l’âge de 5/6 ans. J’ai puisé dans mes souvenirs de Verdi, Puccini ou Mozart. Je suis allé chercher l’eau, là où il y en avait !
Dans ce nouvel album, vous êtes notamment accompagné par le guitariste Thierry Garcia ?
Romain Didier : Avec Thierry, nous nous connaissons depuis 23 ans. Il y a quelques jours, nous étions en concert tous les deux au Festival Bernard Dimey. Quand on est pianiste comme moi, je trouve intéressant d’avoir une autre entrée par la guitare.
Le titre « Comme un chant grégorien » est extrait d’un conte musical ?
Romain Didier : Il s’agit d’un conte qui s’appelle « Mademoiselle Moselle« . Il a été créé à Metz. Malheureusement, c’est tombé à un moment où il y avait des manifestations et 300 choristes se sont retrouvés sur le carreau.
Votre répertoire est toujours empreint d’une certaine nostalgie ?
Romain Didier : Quand j’ai commencé dans les années 80, j’avais envie de coller à l’air du temps. Mais, en prenant de la « bouteille » dans ce métier, on a envie de se raconter davantage. J’aime la couleur sépia, même si parfois ça brûle un peu les yeux et le coeur…
Entretien réalisé par Annie Grandjanin
- Album « La buée des miroirs » (Label EPM-Distribution Universal Music), disponible depuis le 1er mai 2026.
- En tournée avec le spectacle « Souviens-moi »: , le 6 juin 2026 à Venelles (13), le 27 juillet au Festival « Barjac m’en chante » (30)…

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