Spectacle. Sur une idée originale et une interprétation de Raphaël Callandreau et Julie Autissier, « Une censure sachant chanter » puise dans le répertoire des refrains qui ont fait l’objet de censures plus ou moins officielles. Un spectacle joyeusement irrévérencieux à découvrir au Théâtre Essaïon jusqu’au 26 mai 2026 et à Avignon cet été.
De Brassens à Orelsan, « Une censure sachant chanter » est une pièce de théâtre musical d’une joyeuse impertinence
Dès les premières minutes de ce spectacle imaginé et interprété par Julie Autissier et Raphaël Callandreau, mis en scène par Nicolas Guilleminot, le public est pris à témoin dans le débat musical qui va suivre. En effet, la première qui joue ici le personnage de Zoé annonce que la représentation n’aura pas lieu !
Responsable culturelle, elle estime que « Une censure sachant chanter » comporte des éléments dangereux et non conformes à la politique menée par l’institution qu’elle représente. Installé parmi les spectateurs, le second, baptisé Armand, s’insurge et défend la liberté d’expression des artistes. Le ton est donné.
En solo ou en duo, chacun puise dans le répertoire pour illustrer le propos.
Des « Jolies colonies de vacances » de Pierre Perret à « Fais-moi mal Johnny » de Boris Vian en passant par « L’amour avec toi » de Polnareff, « Les Bourgeois » de Brel, « Parachutiste » de Le Forestier, « Chirac en prison » des Wampas, « Sale pute » d’Orelsan, « Jésus Christ » d’Eddie Vartan et Philippe Labro ou « Le gorille » de Brassens, ces refrains ont tous fait l’objet de censures plus ou moins officielles. Sans oublier « Le déserteur« , « Le chant des partisans » ou « La chanson de Craonne » dont ils proposent des relectures particulièrement touchantes.
Julie est franchement épatante dans le rôle de la femme coincée… qui ne tarde pas à se lâcher. Tout aussi talentueux, Raphaël Callandreau prend parfois des accents grandiloquents.
Il faut dire qu’il a la lourde tâche de défendre l’engagement et l’esprit libertaire des auteurs, tout en essayant de réveiller la conscience qui sommeille chez son « adversaire ».
On salue également leur belle interprétation de « La Marseillaise de la paix » dont le texte, écrit par les élèves d’une école primaire, n’a jamais réussi à supplanter le chant de guerre de Rouget de Lisle. Une pièce de théâtre musical d’une joyeuse impertinence.
Annie Grandjanin
- « Une censure sachant chanter ». Jusqu’au 26 mai 2026, les lundis et mardis à 19h, au Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Informations au 01.42.78.46.42 et réservations et ICI.
- Festival Off d’Avignon, du 4 au 25 juillet 2026, Théâtre des Barriques, 8, rue Ledru Rollin, tous les jours, sauf les mercredis, à 16h50.

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