Évasion/ Vacances 2026. Face aux incertitudes internationales, aux budgets plus serrés et aux épisodes de chaleur, les Français réinventent leurs vacances. Cet été, l’Hexagone s’impose plus que jamais comme une terre d’évasion, de la Bretagne aux Alpes, de l’Atlantique à la Méditerranée. Cinq régions tirent particulièrement leur épingle du jeu et offrent chacune une autre manière de prendre le large, sans forcément aller très loin.
Vacances 2026 : cinq destinations françaises pour changer d’air
Partir, oui. Mais pas forcément très loin. Ni très longtemps. Et surtout, avec l’envie de savoir où l’on met les pieds.
C’est l’un des enseignements du 25e Baromètre des vacances d’Europ Assistance, réalisé par Ipsos bva entre le 27 février et le 7 avril 2026. L’envie de vacances demeure intacte — 80 % des Français se disent enthousiastes à l’idée de partir — mais les intentions de départ reculent à 76 %, soit six points de moins qu’en 2025. Le budget devient un sujet de préoccupation majeur, tandis que les questions de sécurité et de climat entrent plus franchement dans les critères de décision.
Le voyageur français ne renonce donc pas à l’évasion. Il la réinvente. Son horizon se resserre parfois, mais son désir de dépaysement reste bien présent. Avec un budget moyen de 1 864 euros, en hausse sur un an, il accepte davantage de réduire la durée de ses vacances — 1,9 semaine en moyenne contre 2,1 en 2025 — plutôt que de renoncer complètement au départ.
Surtout, la France gagne du terrain. La carte des envies raconte alors une France plurielle, où la mer n’est plus seulement synonyme de soleil brûlant et où la fraîcheur devient parfois un véritable luxe.

Bretagne : le grand bol d’air iodé
Avec 16 % des intentions de départ, la Bretagne partage la deuxième place du classement national avec l’Occitanie.
Elle possède surtout, en cet été 2026, un argument que les années précédentes ont progressivement rendu précieux : son climat plus tempéré. Lorsque les températures s’emballent ailleurs, les côtes bretonnes offrent une autre idée des vacances. Celle d’un été traversé par le vent marin, les embruns, les longues promenades et les lumières changeantes.
De Saint-Malo à la presqu’île de Crozon, du golfe du Morbihan à la côte de Granit rose, la Bretagne propose une forme d’évasion qui ne se résume jamais à la plage. On y vient pour marcher sur le GR34, regarder les bateaux entrer dans les ports, découvrir les îles, goûter une cuisine généreuse ou simplement ralentir.
La région avait déjà connu une excellente saison touristique en 2025, avec 22,4 millions de nuitées entre avril et septembre, en progression de 5,7 % sur un an.
Cet été, la Bretagne apparaît ainsi moins comme une destination de repli que comme un choix assumé. Une France maritime, sauvage et élégante, qui rappelle qu’il n’est pas nécessaire de chercher très loin pour changer d’horizon.

Nouvelle-Aquitaine : l’appel de l’Atlantique
Avec 14 % des intentions de voyage, la Nouvelle-Aquitaine figure parmi les grandes gagnantes du palmarès national.
Ici aussi, l’Atlantique joue sa partition. Des plages de Charente-Maritime aux forêts des Landes, du bassin d’Arcachon au Pays basque, la région offre une incroyable diversité de paysages et d’ambiances.
L’Atlantique possède un autre avantage en ces temps de canicule : il permet de conjuguer baignade, grands espaces et températures souvent plus supportables que celles du pourtour méditerranéen. Les amateurs de surf y trouvent leurs vagues, les familles leurs longues plages de sable et les amoureux de patrimoine les villages, ports et cités historiques qui ponctuent le territoire.
Une enquête Elabe réalisée pour La Tribune Dimanche et Ici confirme d’ailleurs l’attrait persistant de cette façade maritime : l’Île de Ré arrive en tête des destinations de bord de mer préférées des Français, devant Biarritz et l’Île d’Oléron.
De quoi rappeler que l’océan possède ses propres nuances. Ici, les vacances se vivent autant les pieds dans l’eau qu’à l’ombre des pins, autour d’un marché, d’une terrasse ou d’un dîner face au coucher du soleil.

Auvergne-Rhône-Alpes : prendre de la hauteur
Quand la chaleur devient pesante, il suffit parfois de changer d’altitude.
Avec 14 % des intentions de départ, l’Auvergne-Rhône-Alpes conserve une place de choix dans les envies françaises.
La région possède une arme secrète pour l’été : ses lacs et ses montagnes. Annecy, Aix-les-Bains, le lac du Bourget, les rives du Léman ou les paysages alpins offrent une autre manière de vivre la saison estivale. On y nage le matin, on marche l’après-midi et l’on retrouve, lorsque vient le soir, des températures plus respirables.
Mais la montagne d’été n’est plus seulement une version tranquille de l’hiver. Elle est devenue un territoire de randonnée, de vélo, de gastronomie et de contemplation. Les villages se découvrent à pied, les sentiers ouvrent sur des panoramas spectaculaires et les lacs deviennent autant de refuges bleus au cœur des paysages.
Une façon de partir sans forcément aller très loin : changer de rythme plutôt que de continent.

Provence-Alpes-Côte d’Azur : le Sud résiste
La Provence-Alpes-Côte d’Azur reste, de loin, la première région française envisagée pour les vacances, avec 20 % des intentions de départ. Elle accuse pourtant un recul de six points sur un an.
Le paradoxe est intéressant. Le Sud continue de faire rêver — ses villages perchés, ses marchés, ses calanques, ses paysages, ses tables et cette lumière incomparable — mais la chaleur impose désormais de nouvelles façons de l’apprécier.
La Provence se découvre peut-être davantage tôt le matin, lorsque les villages s’éveillent, ou à la tombée du jour, lorsque les terrasses retrouvent leur douceur. Entre les Alpilles, le Luberon, le Verdon et le littoral méditerranéen, la région offre d’ailleurs bien davantage que le seul imaginaire balnéaire.
La Méditerranée conserve son pouvoir d’attraction. Mais en 2026, le Sud se mérite parfois à condition d’accepter de ralentir, de rechercher l’ombre et de laisser davantage de place aux heures douces.

Occitanie : entre mer, montagne et grands espaces
À égalité avec la Bretagne, l’Occitanie recueille 16 % des intentions de départ.
C’est sans doute l’une de ses forces : peu de régions françaises offrent une telle diversité sur un même territoire. La Méditerranée, les Pyrénées, les Causses, les Cévennes, Toulouse, Montpellier, Nîmes ou Carcassonne composent une mosaïque où chacun peut inventer ses vacances.
Pour ceux qui cherchent la mer, le littoral offre ses stations et ses longues plages. Pour ceux qui souhaitent échapper à la fournaise, les reliefs, les gorges et les territoires plus sauvages permettent de prendre de la hauteur.
Et puis il y a cette douceur méridionale qui ne tient pas seulement au thermomètre : les marchés, les villages de pierre, les vignobles, les tables en terrasse et les soirées qui s’étirent longtemps après le coucher du soleil.
Victor Hache





