Pierre de Maere : « Ave de Maere », l’album des premières fois

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Pierre de Maere : "Ave de Maere", l’album des premières fois. Photo Marcin Kempski

Toutes les musiques de We Culte. Avec Ave de Maere, Pierre de Maere tourne une nouvelle page. Après les rêves et les fantasmes de son premier album Regarde-moi, le chanteur belge raconte ici ses « premières fois » : l’amour, le désir, les désillusions, la liberté et l’acceptation de soi. Douze chansons intimes et lumineuses pour un album plus personnel, à la pop élégante et légère, dans lesquel il se dévoile avec une sincérité désarmante. En tournée à partir du 5 novembre 2026, Pierre de Maere se produira notamment à l’Olympia, à Paris, les 8 et 9 décembre.

Pierre de Maere revient avec « Ave de Maere », un album intime et personnel où le chanteur belge met son coeur à nu et raconte ce qu’il appelle ses « premières fois tardives »

Pierre de Maere : pochette de l’albuum « Ave de Maere »

Il y a les albums que l’on compose pour se montrer au monde et ceux que l’on écrit lorsqu’il devient temps de se regarder soi-même. Après « Regarde-moi », qui avait révélé son univers pop au grand public et porté le tube « Un jour je marierai un ange », Pierre de Maere revient avec « Ave de Maere », un disque plus intime, plus vrai aussi. Le chanteur belge y raconte ce qu’il appelle ses « premières fois tardives », survenues au moment même où sa carrière décollait et où il découvrait Paris.

« J’ai un peu construit ce disque en opposition au premier », explique-t-il. Là où le précédent album parlait de fantasmes, de folles ambitions et de ce qu’il voulait devenir, celui-ci s’appuie sur des histoires vécues. Premières expériences amoureuses, premières ivresses, premières désillusions… Pierre de Maere ouvre les portes d’un territoire jusque-là plus secret.

De la peur à la liberté

L’album commence avec « Mon paradis », chanson essentielle qui témoigne de l’avant et l’après du coming-out. Il y a d’abord la peur, la lutte intérieure, le désir de se dissimuler, puis cette sensation de liberté qui arrive lorsqu’il devient enfin possible de vivre sans mentir.

À 18 ans, Pierre de Maere décide de vivre pleinement son amour pour les garçons. « Une fois que j’ai ça hors des pattes, je peux me mettre à vivre pleinement », confie-t-il. Une ode à l’acceptation de soi où les ambiances instrumentales organiques accompagnent cettte impression de libération.

Avec « Je pense à vous », sa voix s’envole vers les aigus. L’artiste célèbre la musique comme un formidable outil de rencontres et de partage avec son public. Il y a dans ce titre de la légèreté, du jeu, une envie de séduire aussi. Une manière pour Pierre de Maere de rappeler que derrière l’assurance du chanteur demeure toujours une part de vulnérabilité.

L’amour, ses ratés et ses vertiges

Les premières histoires ne sont pas toujours heureuses. « Mon amour, FUCK » assume ainsi cette attirance pour les mauvais choix et cette étrange capacité à chercher les vertiges jusque dans la souffrance. Une chanson volontairement joyeuse dans sa forme, alors que le désespoir affleure derrière les mots.

Avec « Quasiment parfait », il offre un duo sensible avec Clara Luciani. Entre séduction et désillusion, Pierre de Maere évoque cette tentation toujours prégnante de se transformer et de changer d’apparence pour plaire à l’autre. La conclusion est amère : l’apparat ne suffit jamais à faire naître l’amour.

Avec « J’aurais voulu te plaire », le chanteur s’aventure sur le terrain de la ballade. Sa voix y occupe une place centrale, presque nue, pour dire la peur universelle de ne pas être aimé en retour et de passer à côté de l’amour d’une vie.



L’adolescent qui voulait tout vivre

« Rien savoir et toucher à tout » chante-t-il dans « Tout l’univers ». Des mots qui résument les contradictions de cet adolescent tardif qu’il met en scène. Une envie de conquérir le monde, mêlée à une grande fragilité. Premiers conflits, sentiment d’injustice, difficulté à accepter de grandir : le chanteur ne cherche pas à embellir cette période. Il en raconte aussi les maladresses et les excès.

Cette franchise traverse « I don’t wanna sleep tonight », morceau singulier de l’album qui évoque les premiers moments intimes, la timidité et, peu à peu, le plaisir qui accompagne l’abandon.

Sur « Opinel », Pierre de Maere retrouve une pop plus vibrante, plus sentimentale aussi. « Voici mon cœur et un opinel », chante-t-il en substance : lorsqu’une histoire s’achève, mieux vaut parfois donner à l’autre des raisons de nous détester que de rester prisonnier du souvenir. Une chanson qui semble refléter son âme.

Musicalement, il livre un album à la pop élégante et légère à la fois dansante et introspective. De Daft Punk à Air, de Phoenix à Christine and the Queens, Pierre de Maere revendique les découvertes tardives qui nourrissent désormais son écriture et ses productions.

« Je m’en souviendrai », enfin l’amour heureux

Et puis arrive « Je m’en souviendrai ». La chanson clôt l’album, comme un espace de lumière après les excès et les blessures. Derrière sa mélancolie, elle raconte enfin l’amour vrai. Pierre de Maere met son cœur à nu et adresse une véritable lettre d’amour au garçon qui l’a aimé, celui qui l’a accompagné pendant tout le procéssus de création du disque.

La voix monte, la mélodie apporte une forme d’apaisement. Un titre émouvant d’une grande beauté, où le chanteur semble avoir trouvé ce qu’il cherchait depuis le début : non pas devenir quelqu’un d’autre, mais pouvoir enfin être lui-même.

Victor Hache

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Victor Hache