Trois ans après la disparition du chanteur, son épouse Colette inaugure à Antraigues une maison dédiée à sa mémoire. Un lieu qui accueillera différentes rencontres culturelles .
Vous inaugurez la Maison Jean-Ferrat, à Antraigues, qui ouvre ses portes au public le 13 mars, trois ans jour pour jour après la disparition de Jean, en 2010. C’est un beau projet et une journée heureuse. Comment vivez-vous cet évènement ?
Colette Ferrat. Cela fait trois ans, depuis que Jean est parti, que j’ai souhaité lui trouver un lieu. L’opportunité est arrivée par une maison sur la place d’Antraigues, qu’il a fallu transformer, où Jean est bien. C’est là qu’il a eu ses meilleurs moments, sur cette place de la Résistance. Une place avec des bistrots, un accueil, une chaleur, une amitié incroyable. Je ne pensais pas trouver un lieu parce que Jean me disait toujours : «Mais on ne pourra rien faire.» Et finalement, ça y est, il est trouvé. J’ai essayé de reconstituer un endroit où il aimait être, en évoquant les plaisirs qu’il avait d’être sur la place, de jouer aux boules ou autre. Il a eu plusieurs mandats, des fonctions municipales, il s’est beaucoup occupé de ce village, il a créé pas mal de choses. Cela me tenait à cœur de le situer là. J’ai eu la chance de pouvoir acheter une maison. La jeune fille qui en a hérité m’a dit : «Si c’est pour faire un lieu culturel et si c’est pour Jean, alors tu seras la première choisie.» Il a fallu faire beaucoup de travaux pendant trois ans. Maintenant, cette maison va enfin exister, et Jean, je le sens déjà plein de vie là-dedans. Il y est tellement présent.
Jean avait-il eu connaissance de ce projet ?
Colette Ferrat. Il avait évoqué l’idée d’un lieu avec son associé Gérard Meys, dont on parle moins que de Jean, mais qui était quand même la personne avec laquelle il a travaillé pendant plus de cinquante ans. Entre eux, c’était une belle amitié. C’est important de pouvoir les associer aussi dans cette maison parce que moi, je n’étais pas dans le métier. Je me trouve finalement poussée dans ce partage. Les gens m’écrivent en pensant qu’à travers moi, ils rejoignent Ferrat. Au début, ils pensaient créer une fondation à Paris, et ils n’ont pas pu le faire. Cela avait été un peu oublié et, là, il y a de nouveaux fonds et on peut créer cette maison, avec peut-être moins de frais, et où on peut faire pas mal de choses, comme des rencontres culturelles, des remises de prix, en particulier le prix Jean-Ferrat, que nous allons inaugurer bientôt, ou des échanges avec des artistes.
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Que trouvera-t-on dans la Maison Ferrat ?
Colette Ferrat. C’est une maison pleine de vie, avec l’exposition «Jean des encres, Jean des sources». Tout le reste est à découvrir, c’est des rencontres avec des chanteurs, des conférences, des jeux, des études. Il y a son bureau, ses livres, sa guitare, son piano, tout ce qui le concerne est restitué là. Jean est ici chez lui, et ça, j’en suis très heureuse.
Comment va se dérouler la journée d’inauguration ?





