« Bonne Figure » : Simon Chevrier dans l’enfer du décor

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"Bonne Figure" : Simon Chevrier dans l'enfer du décor /DR

Le Book Club de We Culte/« Bonne figure ». Après « Photo sur demande », Goncourt du premier roman 2025, Simon Chevrier revient avec « Bonne Figure », un second texte qui creuse le même sillon : celui du corps regardé, jugé, désiré. Et cette fois, direction le mannequinat.

Bonne Figure : dans son nouveau roman, Simon Chevrier nous montre « l’enfer du décor » du mannequinat où le glamour est d’abord un travail, avec ses règles. Strictes. Implacables.

« Bonne figure » de Simon Chevrier

Du mannequinat, on connaît les podiums, les flashs, les silhouettes trop parfaites. Mais pour son second roman, Simon Chevrier a choisi de nous montrer l’envers du décor, ou plutôt l’enfer du décor : les castings où l’on peut croiser trois cents visages en une journée.

Mais revenons au début du roman, riche de promesses pour le jeune lycéen qui vit seul avec sa mère à Courbevoie. Sur Facebook, il échange avec Léo, le mannequin qui a débarqué de Toulouse, et qui lui propose de suivre son exemple. Et d’abord de réaliser son LookBook afin de pouvoir bien se vendre.

Ensemble, ils apprennent à ne pas froncer les sourcils devant l’objectif, à coller la langue au palais pour creuser les joues. Le glamour, est d’abord un travail, avec ses règles. Strictes. Implacables.



Dans ce roman de formation, Simon découvre aussi son attirance pour les garçons au fil des messages échangés avec Léo, puis lors de rencontres qui suivent, même si elles sont souvent décevantes.

Car l’auteur ne cherche pas à enjoliver ces premiers pas dans la sexualité, il les montre tels qu’ils sont : maladroits, parfois froids, jamais tout à fait à la hauteur du fantasme. Les promesses ne sont pas tenues. L’argent commence à manquer.

La drogue s’invite pour tenir le rythme d’une vie qui s’accélère. Et l’idée d’abandonner, voire des pensées plus sombres encore, s’installent en creux du récit. On sent la mécanique du désenchantement se refermer, page après page.

Et puis il y a la mère. Seule avec Simon depuis toujours, elle s’épuise dans un travail qui la rend amère. Le Xanax, rangé au-dessus de l’évier entre les épices et le Doliprane, dit tout de sa fatigue.

Le fils, lui, se détache peu à peu, happé par son téléphone et par cette nouvelle vie qui s’ouvre à lui. Un baiser sur le front, une dispute sur l’heure du retour, un dîner mangé sans écouter : cette relation esquissée par petites touches, est sans doute la plus touchante du livre.

Dans sa construction très classique, le livre avance mois après mois, comme une chronique, avec des airs d’autofiction.

L’écriture est fluide, presque documentaire dans sa manière de détailler le quotidien : une crème achetée au Carrefour d’en bas, une bande de cire arrachée sur la poitrine, un sandwich avalé d’une main pendant qu’on texte de l’autre. Cette attention au concret donne au texte une vraie sincérité. Avec une belle manière de scruter le monde, sensible et honnête.


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A propos de l’auteur

Simon Chevrier est diplômé d’une licence d’anglais et du Master de Création littéraire du Havre. Son premier roman, Photo sur demande a reçu le Goncourt du premier roman 2025. (Source : Éditions Les Intranquilles)


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Henri-Charles Dahlem