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"Soyez à la page" avec Thomas Fersen qui publie "Dieu sur terre", le premier roman du chanteur (c) Geoffroy Van Der Hasselt / AFP

Soyez à la page. Pour cette semaine de lecture, trois suggestions. D’abord, on commence avec « Un puma dans le cœur », le troisième livre très réussi de Stéphanie Dupays entre fiction et récit personnel ; on enchaîne avec « Dieu sur Terre », le premier roman du chanteur Thomas Fersen- un texte aussi délicieux que buissonnier, et on boucle cette semaine de lecture avec « La compagnie des voyants », l’essai fort pertinent de Mathieu Laine expliquant que le roman est, dans la création artistique, le « must du must »… Bonne lecture à toutes et tous !


Soyez à la page avec Stéphanie Dupays, Thomas Fersen et Mathieu Laine


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« Soyez à la page » avec « Un puma dans le coeur » de Stéphanie Dupays

STÉPHANIE DUPAYS : « Un puma dans le cœur »

Elle s’appelait Anne Décimus. La vérité (ou légende ?) familiale assure qu’elle est « morte de chagrin, le cœur brisé ». Elle était l’arrière-grand-mère de Stéphanie Dupays, haute fonctionnaire et critique littéraire, auteure de belle facture et délicatement appréciée pour « Brillante » (2016) et « Comme elle l’imagine » (2019). Elle nous revient, en cet hiver 2023, avec « Un puma dans le cœur », tout consacré à cette arrière-grand-mère et construit en deux parties (« On n’est pas seul dans sa peau » et « Mémoires d’une ombre ») pour tenter de l’approcher au plus près, de la comprendre peut-être. Ainsi, Anne Décimus aurait suivi son mari dans la mort- partant de cette information, Stéphanie Dupays part en enquête. Et découvre un étrange secret : son aïeule est, en fait, morte quarante ans après la date qu’on tenait pour officielle du décès.

Ou était-elle durant toutes ces années ? Ses recherches mènent l’auteure jusqu’à un hôpital psychiatrique. Au fil des pages, alors, ce sont fiction et récit personnel, des questions et pas toujours des réponses pour une femme qui n’avait plus les codes pour supporter le monde qui l’entourait, qui s’est retrouvée enfermée dans le silence. Avec « Un puma dans le cœur », Stéphanie Dupays nous fait don d’un texte aussi étincelant qu’envoûtant…


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« Soyez à la page » avec « Dieu sur terre » de Thomas Fersen »

THOMAS FERSEN : « Dieu sur Terre »

Comme personne, il a chanté les mules en reptile, la chauve-souris, le bal des oiseaux ou encore la pièce montée des grands jours. Tout frais sexagénaire, le voici qui fait un pas de côté et se glisse, élégance punko-réaliste, en librairies avec un premier roman. Thomas Fersen signe donc « Dieu sur Terre », délicieux exercice en octosyllabes, en vers cachés écrit sur son téléphone- « un texte en vers dévergondés », explique l’auteur. Dieu sur Terre, c’est l’autre, le frère aîné du narrateur, gamin qui s’est découvert une (formidable) passion : « écrire dans cette langue du fond de la classe, avec cette liberté de ton ». C’est délicieux, tout en aisance buissonnière.

Donc, ado nonchalant, le narrateur dans les années 1960-70 à Paris, entre Belleville et Ménilmontant… et ce grand frère qui a toujours raison parce que « Monsieur a eu les amygdales » ! Dès les premières pages de ce roman, aucun doute, on est en la bonne compagnie de Thomas Fersen. Dans ces quelque 300 pages, tout y est : l’humour, la causticité, l’ironie, la bienveillance, la légèreté et l’insouciance, les questions essentielles… C’est follement jubilatoire entre famille, puberté, rencontres amoureuses, désirs ou encore amitiés. Ce « Dieu sur Terre », le lire, c’est l’adopter définitivement !

Thomas Fersen sur scène : Paris, Théâtre de l’Athénée, du 23 février au 4 mars. Puis en tournée : Thaon les Vosges, La Rotonde (3 mars) ; Bourg-en-Bresse, Théâtre National (9 et 10 mars) ; Sérignan, La Cigalière (11 mars) ; Brioude, La Halle aux Grains (18 mars) ; Caluire, Radiant-Bellevue (21 mars) ; Cancale, L’Amérance (25 mars) ; Yvetot, Le Viking (31 mars) ; Bouguenais, Piano’cktail (1er avril) ; Tréguier, Théâtre de l’Arche (15 avril) ; Sélestat, Festival en mai… (23 mai).


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« Soyez à la page » avec « La compagnie des voyants » de Mathieu Laine

 MATHIEU LAINE : « La compagnie des voyants »

Sous la haute vigilance de Marcel Proust et Gustave Flaubert, d’emblée dans l’avant-propos, on sait où l’on va aller. On lit : « Dans la création artistique, le roman n’a pas d’égal. Quel autre objet, depuis des siècles, épouse aussi parfaitement notre intériorité secrète ? Quel art arrime avec autant de justesse à notre part sensible l’époque, les mœurs et les mouvements de la société ? » On plonge alors dans « La compagnie des voyants », le nouvel et brillant essai de Mathieu Laine, professeur d’humanités, essayiste de haut vol et même auteur d’un conte musical.

En deux séquences (« Aveuglements » et « Recouvrer la vue »), l’auteur évoque vingt-six romans, de « Lady L. » de Romain Gary à « Don Quichotte » de Cervantes en passant par « Moby Dick » de Melville, « Les Démons » de Dostroïevski, « La Peste » de Camus, « Herzog » de Saul Bellow ou encore « Vernon Subutex » de Virginie Despentes. Pour Mathieu Laine, aucun doute : à travers ces textes, on trouve les invariants de la nature humaine. Avec curiosité et gourmandise, il assure que « les grands romanciers sont des alchimistes à nul autre pareils », que la littérature est remède et que si elle « ne permet pas de marcher, elle permet de respirer ». En sa « Compagnie des voyants », on chemine au pays des romans qui font du bien…

  • « La compagnie des voyants » de Mathieu Laine. Grasset, 338 pages, 22,50 €.

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