« Un bon patron » : Didier Bourdon, chef d’entreprise roublard et sympa

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"Un bon patron" : Autoritaire et manipulateur sous des allures paternalistes, Antoine Blanchet (Didier Bourdon) dirige une entreprise familiale de balances qui doit recevoir le prix de la meilleure PME de l'année (©Julien Panié).

Sortie cinéma. Il ne fait pas pleurer, il ne fait pas peur, il ne séduit pas: il fait rire. Didier Bourdon, pilier –avec Christian Clavier notamment– des comédies à la françaises, occupe toute l’histoire d’un film très amusant et un peu acerbe, UN BON PATRON, sur les écrans depuis mercredi 4 novembre.

« Un bon patron » : Didier Bourdon incarne un chef d’entreprise roublard et sympathique dans ce film très amusant et un peu acerbe.

Antoine Blanchet (Didier Bourdon) est un patron à l’ancienne, à la tête d’une entreprise familiale de fabrique de balances dans une ville de province. Paternaliste, à la foi autoritaire et manipulateur, ambigu mais sincère, il annonce avec fierté à ses employés que l’entreprise est finaliste pour remporter le prix de meilleure PME française de l’année.

Les ennuis s’accumulent

Sa femme Sophie (Catherine Frot), un peu déprimée et un peu alcoolique, qui tient une boutique de vêtements de luxe, est ravie pour lui. Mais avant que la commission d’attribution du prix ne débarque pour juger l’entreprise familiale, les ennuis vont s’accumuler pour Blanchet.

Car Mangin (Jean-François Cayrey), un ex-employé récemment licencié, proteste bruyamment en installant un campement de fortune juste à côté de l’entrée de l’usine, armé de pancartes et d’un mégaphone.

Contremaître cocu

En outre Martin (François Levantal), le contremaître sur qui repose le bon fonctionnement des ateliers, dans l’entreprise depuis 35 ans, est au bord de la crise de nerfs parce que sa femme le trompe, et commet bourde sur bourde, mettant en péril la production.

Et Victoire (Ludmilla von Claer), une nouvelle stagiaire séduisante et ambitieuse, de signe astrologique Balance, fait tourner les têtes au sein des bureaux, notamment  celle du fils de Blanchet, cadre de l’entreprise habitué au droit de cuissage.

Manœuvres et manipulations

Enfin Blanchet doit sortir de garde à vue le fils d’un de ses employés, Kevin, petit délinquant, et le case comme manutentionnaire dans la boutique de sa femme.

Le chef d’entreprise va devoir gérer tout seul, en quelques jours, avant le passage du jury, ces situations problématiques, en usant de toutes les ficelles, manœuvres et manipulations d’un chef d’entreprise débrouillard, déterminé et prêt à tout. Un « bon patron »…

Remake d’un film espagnol

Le film est le remake d’une comédie espagnole de 2022, EL BUEN PATRON, qui a triomphé aux Goya (les équivalents espagnols des César ou des Oscars), avec six récompenses dont meilleur film, meilleur réalisateur (Fernando Leon de Aranoa) et meilleur acteur (Javier Bardem).



La version française tire moins vers la satire sociale que l’original (quoique), mais prend la forme d’une comédie plutôt habile et réussie, bien troussée par un spécialiste du genre: Philippe de Chauveron, réalisateur des deux premiers DUCOBU (2011 et 2012) et surtout la trilogie des QU’EST-CE QU’ON A FAIT AU BON DIEU? (2014, 2019, 2021) aux 21 millions de spectateurs au total.

Terrain de jeu

Ce qui l’a attiré dans ce remake est, dit-il, « comme d’habitude: les personnages. Ceux du film original sont fantastiques, très ambivalents, à la fois attachants et imparfaits! Et puis j’aime cette idée du conflit quand il crée de la comédie. J’y voyais un terrain de jeu formidable ».

Terrain de jeu sur lequel Didier Bourdon, parfois sympathique mais très retors, s’en donne à cœur joie, omniprésent mais entouré de personnages secondaires rigolos. Le film est un peu poussif au début, mais ne manque pas de rythme et accumule agréablement gags, quiproquos et dialogues drôles –jusqu’au générique de fin, entrecoupé de clins d’œil.

Rires dans la salle

Contrairement aux Goya espagnols, UN BON PATRON n’accumulera pas les récompenses aux prochains César, et c’est le lot des comédies et de leurs réalisateurs d’être ignorés par la profession (trois exceptions en 51 éditions: LES RIPOUX, TROIS HOMMES ET UN COUFFIN et Les Garçons et Guillaume, À table!).

Mais Philippe de Chauveron n’en a cure: « Mon métier c’est de faire des films et il se trouve que je suis plus à l’aise en tournant des comédies! », dit-il. « Je ne réfléchis jamais aux enjeux, à la pression: pour chaque projet, je veux d’abord que ce soit drôle pour moi… Est-ce que ça nous fait rire avec mon scénariste? Est-ce qu’ensuite ça fait rire les acteurs? Et enfin, le but ultime: est-ce que ça fait rire les spectateurs? Pour moi, un film marche ou est un succès s’il déclenche des rires dans la salle. Le reste, je ne l’intellectualise pas vraiment… »

Jean-Michel Comte

LA PHRASE : « Dans la vie, tout est question d’équilibre » (Didier Bourdon).

  • Un bon patron (France, 1h27). Réalisation: Philippe de Chauveron. Avec Didier Bourdon, Catherine Frot, Jean-François Cayrey (Sortie 4 novembre 2026).

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