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Claudia Meyer sort "La Negra" : un vibrant hommage à Mercedes Sosa, "la voix" du peuple argentin (c) Clément Checoury

Claudia Meyer/Interview. Avec « La Negra », la chanteuse et musicienne Claudia Meyer rend un vibrant hommage à la voix du peuple argentin, Mercedes Sosa. Un album enregistré avec des instruments traditionnels, dans lequel figure notamment un beau duo avec Maurane. À découvrir sur la scène du Café de la Danse à Paris, le 25 avril prochain.


Après avoir étudié la guitare classique au Conservatoire puis à la Faculté de musicologie d’Aix-en-Provence, formé un premier groupe « Ayawaska » avec des amis sud-américains puis « Marco Polo » avec son compagnon de route Marc Benabou « Marquito », Claudia Meyer a notamment assuré les choeurs d’Andrea Bocelli, Lenny Kravitz, Véronique Sanson ou Maxime Le Forestier, prêté sa voix à Esmeralda dans la chanson du film « Le bossu de Notre-Dame », chanté en duo avec Lara Fabian au Stade de France…

Depuis son premier album solo « Azul« , les aficionados sont tombés sous le charme envoûtant de son timbre et des musiques latines qu’elle affectionne. A l’instar de son nouvel opus « La Negra » dans lequel, accompagnée d’instruments traditionnels ( bombo, cuatro, charango) et les percussions de Marquito, elle rend un vibrant hommage à Mercedes Sosa.

Onze titres dont deux superbes duos: l’un avec la grande chanteuse argentine sur « Siempre en ti » et un autre avec Maurane pour « Alfonsina y el mar« .

Un disque qui ouvre sur le populaire « Gracias A La Vida » qui résonne comme le credo de cette talentueuse artiste en concert le 25 avril prochain, sur la scène du Café de la Danse, à Paris.

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Claudia Meyer (c) Clément Checoury

Comment passe-t-on de la voix d’Esmeralda au répertoire de Mercedes Sosa ?

Claudia Meyer : Je suis un vrai caméléon ! A 15 ans, j’ai commencé à chanter dans les cabarets à Marseille. J’ai interprété des titres de Barbara, Anne Sylvestre, Véronique Sanson… car j’ai une vraie culture de la chanson française. Mais j’ai aussi baigné dans le répertoire latino que mes parents écoutaient à la maison, travaillé pour des doublages de films des Studios Disney… A l’origine, la chanson d’Esmeralda devait être interprétée par Maurane.

Vous lui avez d’ailleurs dédié ce nouvel album ?

Claudia Meyer : Dans le métier, rares sont les personnes qui vous tendent la main. La première fois que nous nous sommes croisées, au Festival « Autour de la guitare », organisé par Jean-Félix Lalanne, Maurane m’a demandé pourquoi elle n’avait jamais entendu parler de moi. Elle trouvait que je ne chantais pas comme une choriste. Nous sommes devenues amies et elle m’a invitée à faire sa première partie à l’Olympia, au Casino de Paris… Elle m’a donné une crédibilité incroyable. C’est aussi elle qui m’a encouragée à enregistrer mon premier album « Azul » et elle est venue chanter avec moi sur le titre « Alfonsina y el mar« .

Pourquoi ce titre « La Negra » ?

Claudia Meyer : C’était le surnom affectueux que les argentins donnaient à Mercedes Sosa. Dans mon spectacle j’évoque également sa vie, son instrument préféré le bombo (sorte de gros tambour) avec lequel je pose sur la pochette de l’album. J’ai beaucoup lu à son sujet. On parlait évidemment de son engagement car elle était « la voix du peuple » mais pour moi, elle était avant tout l’interprète des poètes latino-américains. Elle était devenue leur porte-parole et elle a été obligée de s’exiler.

Dans votre album précédent « Fuego », vous aviez enregistré « My Lady », une version personnelle de Lady d’Arbanville ?

Claudia Meyer :  A l’époque, on m’avait assuré que ce serait impossible. J’ai fait une version en espagnol, totalement différente. Cat Stevens l’a appréciée et il a donné son accord.

Pouvez-vous nous parler de cette belle complicité avec Elie Kakou ?

Claudia Meyer : Il était mon ami d’enfance, mon âme soeur. Quand je l’ai connu, il avait 12 ans. Nous partions en colonies de vacances ensemble. Moi, je chantais et lui faisait rire les autres gamins. Son rêve était d’être connu. Moi, je n’avais pas ce fantasme. Il était toujours dans l’observation. Pour certains sketches, il s’est beaucoup inspiré de ma mère ! Je lui ai dédié l’album « Fuego » et la chanson « Como Te Quiero Elie ».



Vous tournez parallèlement avec un spectacle sur Barbara ?

Claudia Meyer : J’ai même enregistré un album « Ah ! les voyages… » (sous-titré « un autre destin de Barbara »). J’essaie d’apporter un autre regard en reprenant, à la guitare, des titres qu’elle chantait dans les cabarets.

Votre parcours est jalonné de rencontres qui vous ont marquée, non ?

Claudia Meyer : J’ai eu la chance de croiser de belles personnes et j’ai pu faire un bout de chemin avec certaines d’entre elles. Chaque jour, je dis merci à la vie…

Entretien réalisé par Annie Grandjanin


  • Album « La Negra » de Claudia Meyer (Kobbiprod/InOuïes Distribution)

Retrouvez l’ensemble des chroniques culturelles d’Annie Grandjanin sur : annieallmusic.com/


 

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