feu chatterton album loiseleur
Le quintet parisien sort l’Oiseleur. Un album baigné de spleen et de poésie lumineuse inspirée par Guillaume Apollinaire, qui parle d’absence et de perte dans des ambiances voyageuses. Rencontre avec Arthur Teboul, leader du groupe.
Chanson, électro, rock, rap, new wave… L’Oiseleur, le deuxième album de Feu ! Chatterton, capture des ambiances sonores protéiformes et dessine comme des peintures et des saynètes de films imaginaires. Un disque dont le fil conducteur est la voix d’Arthur Teboul, chanteur au look romantique, qui aujourd’hui parsème son univers littéraire de chansons inspirées par la poésie de Guillaume Apollinaire ou de Paul Éluard. Sur scène, on retrouve l’énergie et l’urgence du groupe rock parisien, qui cette fois a ôté les guitares au profit d’atmosphères plus ouvertes. Un registre intérieur à l’intensité lumineuse qui vient contrecarrer le spleen et la mélancolie naturelle du groupe, à découvrir au Bataclan les 9, 10 et 11 avril.

Un deuxième album, ce n’est pas trop de pression ?
Arthur Teboul Nous, on n’est pas dans le fantasme de la fulgurance, de la fougue. Le premier disque est venu comme ça. On se demandait si on allait être capable d’en faire un métier en travaillant tous les jours la matière. En tournée, on ne fait que se dissoudre dans le collectif, la foule, le public et donner quelque chose qu’on essaie de préciser chaque soir. On a fait deux cents dates, du coup, écrire, à ce moment-là, est très difficile.
Vous êtes parti en Italie et en Espagne pour écrire. Besoin de vous ressourcer ?
Arthur Teboul J’ai rejoint des amis en Sicile et en Andalousie. Sur le trajet, j’avais besoin d’être seul. Je voulais retrouver la simplicité des choses, les rencontres, le hasard. J’aime beaucoup marcher, j’ai des petits carnets sur lesquels je prends des notes. Je me suis laissé bercer par le rythme, la rêverie, qui parfois est percutée par quelque chose qu’on aperçoit. Ce disque a été conçu en réaction à la tournée, à son rythme, à la vitesse, au vacarme…

Vous aviez envie d’un album plus posé ?
Arthur Teboul On avait besoin de retrouver une tranquillité, un refuge, un calme, une certaine douceur. Pendant la tournée, qui a duré un an et demi, la vie intime est faite d’éloignement, de distance, de choses qu’on perd. Ce disque dessine les contours de l’absence ou de la perte mais de manière lumineuse. Le Bassin méditerranéen est à la fois un berceau et en même temps on sent une grande vitalité mêlée à l’idée de la mort. Les choses germent et cessent. J’ai pu le mesurer à Naples, dans le cimetière des Fontanelle, ses carrières et ses alignements de crânes. On pense forcément à Hamlet, aux vanités. Mais la façon latine de le vivre, ce n’est pas l’abattement. C’est l’idée de célébrer la vie et la mort. J’ai connu ça aussi dans les jardins andalous, à Séville, Grenade, où, malgré le fait que les choses passent, on sent une certaine sérénité.
album loiseleur de feu chattertonQue vous évoque l’image de l’oiseleur ?
Arthur Teboul C’est quelqu’un qui capture les oiseaux dans ses filets. Un métier un peu oublié. En faisant l’album, on s’est s’aperçu que les chansons étaient traversées par des oiseaux dans les Ruines, Souvenir, etc. Ce disque, c’est le symbole de ces moments fugaces qu’on essaie de faire vivre au travers de climats, de lumières différents. Tous ces moments qui volettent au-dessus de nous, qu’on cherche à saisir.
le groupe feu chatterton
Vos textes sont souvent lettrés. Que vous apporte la poésie dans votre écriture ?
Arthur Teboul C’est d’abord en tant que lecteur que j’ai été sensible à la poésie. Pendant ces voyages-là, j’ai été nourri de Guillaume Apollinaire. Il fait partie de ces gens qui ont réussi à saisir le temps, le suspendre, en parlant de choses intimes qui effleurent et pourtant ébranlent. C’est beau et puissant. L’écriture est une quête. En tant que prétendant chansonnier, je trouve dans la poésie une fraternité, un espoir, un horizon qui me donne du courage et de la force. C’est, pour nous, une forme de pudeur. Comme lecteur, j’y trouve de la joie, une joie enfantine, un truc qui me touche et me fait penser que cette vie est belle, qu’il y a quelque chose d’irréductiblement commun dans l’humanité.
Album l’Oiseleur, Barclay/Universal Music. Tournée jusqu’au 18 août, dont les 9, 10, 11 avril au Bataclan, Paris 11ème – https://www.bataclan.fr/fr/informations
et le 26 avril au Printemps de Bourges – http://www.printemps-bourges.com/fr/accueil/bienvenue.html

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